Voici la nouvelle proposition de jeu n°43, de
KILDAR, soutenu par
DAME AGA, pour
ECRITURE LUDIQUE.
Voici 36 titres de chansons, de Hubert-Félix Thiéfaine.
Laissez aller votre imagination, en vers ou en prose, à l'aide d'au moins 20 de ses titres, et même des 36 si vous y arrivez.
Les titres de chansons sont les suivants :
- je t'en remets au vent
- l'ascenseur de 22h 43
- la cancoillotte
- la fille du coupeur de joints
- la fin du saint Empire Romain Germanique
- la maison Borniol
- le chant du fou
- première descente aux enfers par la face Nord
- La vierge au Dodge 51
- La mome kaléidoscope
- Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs)
- Dernière station avant l'autoroute
- Rock autopsie
- Autorisation de délirer
- Alligators 427
- 113ème cigarette sans dormir
- Narcisse 81
- mathématiques souterraines
- taxiphonant d'un pack de kro
- cabaret ste-lilith
- une fille au rhésus négatif
- exil sur une planète fantôme
- Lorelei Sebasto Cha
- Autoroutes jeudis d'automne
- Ad orgasmum aeternum
- Les dingues et les paumés
- Exit to chatagoune-goune
- Je ne sais plus quoi faire pour te décevoir
- Amant destroy
- Pulque, mescal y tequila
- Droide song
- Demain les kids
- Pogo sur la deadline
- Un automne a Tanger
- 542 lunes et 7 jours environ
- Zoo Zumains Zébus

L'autre jour, alors que je me préparais une tartine avec de la cancoillotte, je me perdais dans mes pensées... Je réfléchissais à la fin du saint Empire Romain
Germanique... Je ne sais pas pourquoi... Sans doute un relent nostalgique de mes cours d'histoire, qui m'avaient été enseignés par Lorelei Sebasto
Cha, surnommée à l'époque la môme kaléidoscope, parce qu'elle portait toujours des habits multicolores et voyants.
Une idée en entraînant une autre, je me souvins alors de mes cours de math., de mon prof. monsieur Narcit, qui, lui aussi, avait un surnom: Narcisse
81, parce qu'il n'arrêtait pas de regarder son reflet dans les vitres, et qu'il venait du Tarn (81)... Ha! Ces maudits cours de math.!... Ce fut ma première descente aux enfers par la face Nord... Toutes ces heures à m'arracher les cheveux, pour essayer de comprendre la logique des calculs qu'on essayait
en vain de m'inculquer... Et plus j'essayais, plus je m'enfonçais dans ces labyrinthes tortueux, plus je m'enlisais, à tel point que je les avais appelées les mathématiques souterraines.
C'étaient de ces problèmes bien tordus du genre:
"_ sachant que l'ascenseur de 22h43 descend de 10 mètres par minute,
_sachant qu'il s'arrête une première fois chez Pogo sur la deadline,
_une seconde fois à la maison
Borniol,
_puis une troisième fois au cabaret
ste-lilith,
_sachant qu'à chaque arrêt il se passe 2
minutes,
_sachant qu'au départ il y avait 2 personnes dans l'ascenseur,
_qu'à l'arrivée il y en a
11,
_sachant que l'ascenseur arrive au rez-de-chaussée à 22h58,
1°-calculez le temps qu'il lui a fallu pour arriver en
bas,
2°-calculez la moyenne du nombre de personnes montées à chaque arrêt,
3°-calculez la hauteur de
l'immeuble."
Vous voyez, c'était une histoire de fou! Un peu comme ces problèmes de robinets. En tous cas, moi je devenais fou... Et je me surpris même à pousser le
chant du fou! Je n'en pouvais plus de ces cours de torture mentale, et je me mis à boire plus que de raison des cocktails corsés à base de tequila, appelés pulque mescal y tequila. C'est alors que je me mis à délirer...
Je réussis à fumer sans m'arrêter pendant 542 lunes et 7 jours environ, même qu'à la 113ème cigarette
sans dormir, j'ai commencé à voir des éléphants roses, et des alligators 427, oui exactement 427 alligators, avec leurs gueules
ouvertes, avec leurs milliers de dents, qui cherchaient à me dévorer... C'était horrible!! Alors je me suis enfermé dans les cabinets (avec la
fille mineure des 80 chasseurs), ou était-ce avec la fille du coupeur de joints? Mes idées étaient confuses à cette époque là...
C'est pourquoi on m'envoya me reposer dans une maison spécialisée, tout un automne à Tanger. Et parmi les dingues et les paumés, comme en exil sur une planète fantôme, je me mis à composer, pour passer le temps,
des chansons plutôt délirantes, dont voici quelques titres: "Rock autopsie", "droide song",
"taxiphonant d'un pack de Kro", "autoroutes, jeudis d'automne", "ad orgasmum aeternum", et "exit to chatagoune-goune".
Là-bas, je fis la connaissance d'une fille au rhésus négatif. On se donnait toujours rendez-vous au pied de la statue de la vierge au dodge 51, à la dernière station avant l'autoroute. Et quand j'allais la rejoindre, je criais à
mes amis d'infortune: "à demain les kids".
Grâce à elle, je retrouvais peu à peu mes esprits, mais elle me donnait de temps en temps l'autorisation de délirer... Un jour, je l'ai emmenée
dans le parc naturel du "Zoo Zumains Zébus", et là, je lui fis une déclaration qui en disait long sur mes intentions... Je voulais qu'elle
me quitte, car je n'étais pas quelqu'un de très fréquentable, je lui dis que je serais pour elle un amant destroy , qu'il fallait qu'elle me
fuit... Mais comme je n'arrivais pas à la convaincre, je lui avouai mot pour mot: "Je ne sais plus quoi faire pour te décevoir". Mais rien n'y
fit, elle me dit qu'elle m'aimait, que c'était pour la vie, que rien ni personne ne pourrait l'empêcher de m'aimer... Alors à bout d'argument, et tellement épris d'elle, je composai une dernière
chanson, rien que pour elle, dont le titre est "Je t'en remets au vent".
Et voilà, alors que j'étalais la cancoillotte sur ma tartine, mon esprit qui divaguait, m'amena tout naturellement à vous parler de mon aventure
avec mes cours de math., ainsi que de la chance incroyable, qui me fit rencontrer la femme de ma vie. Et pour tout vous dire, cette tartine de fromage, je m'en vais la partager avec elle, cette
fille au rhésus négatif.