Nouvelle proposition de jeu N°39 de
Virginie Edensland, pour
ECRITURE LUDIQUE: Cette fois ci, c'est
un combiné de 2 exercices, un début imposé et 15 mots imposés, dont 10 obligatoires.
Voici le début imposé:
"Il ou elle reposa le téléphone... Les larmes emplirent ses yeux... Il n'y avait plus d'espoir..."
Et voici les 15 mots imposés:
soleil - main - regard - feuille - rideau - océan - demain - oublier - rancoeur - soulagement - impasse - bonheur - lancinant - pourquoi - poing .
Elle reposa le téléphone... Les larmes emplirent ses yeux... Il n'y avait plus d'espoir.
Alors voilà, c'était fini, c'est lui qui avait décidé: "Je te quitte", avait-il lancé sans préambule...
Quand elle entendit ces mots, son poing se resserra sur l'écouteur... Une douleur lancinante
oppressa son coeur...
Il n'avait même pas eu le courage de lui dire en face... Il avait sans doute eu peur d'affronter son regard...
Sans regret, il avait baissé le rideau sur leur histoire... Sans plus d'explication qu'un simple "il faut m'oublier"...
Elle n'eut même pas le temps de lui demander pourquoi il avait pris cette décision... Elle aurait voulu lui envoyer sa rancoeur en pleine face, et le submerger de mille insultes... Mais, avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, il avait raccroché...
Elle sentit ses jambes se dérober sous elle. Alors elle s'assit un instant, en essayant de comprendre ce qui lui arrivait... Mais après un court temps de réflexion, tout ce qui lui vint à
l'esprit, ce sont ces vacances merveilleuses qu'elle avait passées, durant tout un mois, auprès de lui, avec le soleil pour complice de leurs jeux
amoureux. Puis, elle se remémora leurs longues balades le long de l'océan, avec pour seule compagnie, les mouettes rieuses...
Tout en repensant à cet immense bonheur qu'elle avait connu dans ses bras, elle plaça ses mains
sur son visage, pour essayer de contenir ses larmes. Mais rien n'y fit, elle se mit à pleurer à chaudes larmes, sans pouvoir s'arrêter...
Elle venait de recevoir un coup de massue, et n'arrivait pas à remettre ses idées en place...
Pourtant, ils s'étaient donnés rendez-vous pour le surlendemain, c'est à dire demain, et voilà qu'aujourd'hui, il lui annonçait qu'il la
quittait...
En essuyant, d'un revers de main, ses yeux rougis par trop de larmes, elle aperçut cette feuille
d'arbre qui dépassait de son répertoire téléphonique. Une feuille de chêne, exactement, qui s'était glissée entre leurs deux fronts, alors qu'ils
s'embrassaient éperdument , un soir où la brise se faisait douce, et venait caresser leurs visages... Cette feuille, qui s'était accrochée
obstinément à ses cheveux bouclés, elle l'avait gardée, comme on garde un trésor, telle une enfant, poussée par un romantisme exacerbé...
Et maintenant, elle pensait qu'elle avait été bien bête de faire du sentiment avec cette feuille morte, aussi morte que leur amour... Alors, par
rage, elle se mit à la frotter avec frénésie, entre ses mains, pour la transformer en poussière, tout en criant sa colère, pensant ainsi ressentir
un soulagement. Mais ce fut peine perdue, elle se trouvait dans une impasse, le coeur en
bandoulière...
Elle n'avait plus qu'à mettre ses souvenirs sous son mouchoir, et à passer à autre chose... Mais comment passer à autre chose, quand on a le coeur qui saigne, quand on a été bafouée par celui
qu'on aime.