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Mon Pas de Calais, le mal aimé,
l'oublié de tous les vacanciers,
le pays minier au long passé,
tu reste humble, malgré ta beauté.
Tes camaïeux de jaune et de vert
estompent la grisaille des jours de pluie,
et dans ce patchwork si réussi,
tu dresses, fier de toi,tes noirs terris,
se plantant comme des étendards,
témoins du courage de tes mineurs.
Ces monts, résultat de leur labeur,
égayent ta ligne d'horizon.
Quand le soleil brille sur tes falaises,
tu resplendis comme les côtes anglaises,
rudes et blanches, sans équivoque,
elles se dressent devant la mer qu'elles provoquent.
Tes gens sont forts et ont le dos courbé,
car ils luttent souvent contre le vent,
qui, venant du nord, est si pénétrant,
qui, venant d'ouest, amène les pluies.
Mais, de ces vents, tu as pris ton parti.
Des éoliennes, tu as désormais.
Tu perds une à une tes sucreries
qui faisaient vivre tes ouvriers.
Du coup, le colza prend le dessus
sur les betteraves, c'est triste ma foi.
C'est comme ton charbon, tu n'en as plus,
et tes mineurs, disparus eux aussi.
Et si ton soleil n'est pas le plus chaud,
tes plages, dit-on, sont les plus belles,
et leur sable, si fin et si blond,
offre aux enfants des jeux merveilleux.
Ton accent lourdaud te fait passer
pour un idiot, ayant du retard.
Mais ceux qui parlent ton beau patois
ne méritent pas les railleries.
Car tous ces gens au coeur généreux
offrent aux passants les gîtes et couverts.
Ta générosité demeure éternelle,
même si tes hommes n'ont plus de boulot.