Les abîmés.
Assis sur le pavé,
nous sommes fatigués
d'avoir trop travaillé.
Nous avons des gros pieds
d'avoir bien trop marché.
Nos poignets sont enflés
par ces gros sacs bondés,
et nous sommes éreintés
de les avoir portés.
Rien ne peut nous aider
car nous sommes très âgés.
Et si nous sommes usés,
c'est par ce dur métier
qui nous a obligés
d'avoir le dos cassé.
Alors ayez pitié
de nos doigts écorchés.
Et puisqu'on est doué,
il faut nous remercier,
car on est condamné
à être mal aimé,
nous, les devenus laids.